Tempi fa, Corse, Porto, Ota, photographies du XIXe et XXe siècle.
Articles de presse de 1845 à 1914.
Faits divers.
Parution du 29 décembre 1845 dans le "journal des villes et des campagnes".
Il y a quelques mois une jeune fille d'Ota, en Corse, Fiordespina Padovani, avait tué d'un coup de pistolet un jeune instituteur de cette commune, qu'elle accusait de lui avoir fait commettre une première faute, et de la diffamer depuis ce temps, en lui imputant d'autres faiblesses, pour se dispenser de lui rendre l'honneur.
L'affaire a été jugée à Bastia dans les premiers jours de ce mois. Fiordespina a été déclarée coupable de meurtre, mais sans préméditation, et avec des circonstances atténuantes. La cour l'a condamnée à trente mois d'emprisonnement.
Parution du 30 juillet 1852 dans "La Voix de la vérité".
On écrit de Bastia (Corse): " le fameux contumace Serafino, l'ennemi de la bande Massoni, vient de terminer d'une manière fatale sa triste carrière. Traqué de toutes parts, ce criminel s'était réfugié dans l'arrondissement de Sartène, où il venait, il y a peu de jours, d'assassiner le maire de la commune d'Ota, son ennemi. Après cette terrible vengeance, il était rentré sur le territoire de Calvi, où il espérait faire ignorer sa présence; mais la gendarmerie en avait eu avis, et tous les défilés des montagnes avaient été gardés à vue.
Dans la nuit du 17, Serafino et son compagnon Padovani, autre scélérat non moins redoutable, arrivent au col de l'Agriata, où se trouvait une embuscade composée de deux gendarmes. Sommés de se rendre, les deux bandits ont répondu par une double décharge, qui heureusement n'a atteint personne. Les gendarmes ont riposté. L'un des bandits est tombé immédiatement, frappé en pleine poitrine; l'autre a rechargé son arme et soutenu le combat pendant près d'une heure à la faveur de l'obscurité de la nuit; enfin, poursuivi de près, il a été atteint mortellement d'un coup d'arme à feu à la tête.
Parution du 2 septembre 1887 dans "La Petite République".
Corse - Mardi de la semaine dernière, à Ota, près d'Ajaccio, quelques jeunes gens en vacances jouaient aux cartes sur la place, lorsqu'un cri d'alarme poussé par une personne qui se trouvait sur un talus qui les dominait attira leur attention. Ils virent alors un énorme bloc de pierre qui s'effondrait avec une rapidité vertigineuse.
Les jeunes gens se rendirent compte de la situation et l'un d'eux, le sieur Fabry, instituteur-adjoint à l'école de la Belle-de-Mai, à Marseille, voyant le danger que courait la jeune Hélène Castellani, âgée de dix ans, s'élança sur elle et l'enveloppa de ses bras pour l'éloigner. Il était malheureusement trop tard, car le bloc l'atteignait et le renversait avec son précieux fardeau en lui passant sur le corps.
On s'empressa autour des victimes et l'on constata que la fillette était sauve, tandis que Fabry était grièvement blessé aux jambes et au pied gauche. Aucun dénouement fâcheux n'est à redouter.
Il paraîtrait que M.Fabry, quoique jeune, a déjà à son avoir plusieurs actes de dévouement qu'il considère, dans sa modestie, comme l'accomplissement d'un simple devoir.
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Parution du 14 décembre 1887 dans "Le Petit Provençal".
Ajaccio, 13 décembre.- On télégraphie de Vico qu'une tentative de meurtre vient d'avoir lieu à Ota dans les circonstances suivantes: Ceccaldi Joseph, cultivateur, dans le règlement d'une affaire, eut une discussion avec Rostini Jean-Pierre, également cultivateur. Il sortit soudain un revolver de sa poche et en déchargea un coup sur Rostini. Celui-ci qui avait vu le mouvement et l'arme se jeta de côté. La balle traversa le paletot d'un premier témoin et perfora la cuisse droite d'un second témoin, le nommé Marcheschi Etienne. Le meurtrier a pris immédiatement la fuite, la gendarmerie le recherche très activement.
Parution du 25 octobre 1890 dans "Le Sémaphore de Marseille".
L'association syndicale libre des producteurs de Cédrats de la vallée de Porto offre environ mille quintaux métriques de cédrats verts ou logés en fûts à l'eau de mer. Siège social: Ota (canton de Piana, Corse). Statuts de la société: Etude de maître Spanosi notaire à Piana. Port d'embarquement: Golfe de Porto. S'adresser à M. B de Benedetti, président du Conseil d'administration.
Parution du 6 juin 1895 dans "Le Progrès de la Côte-d'Or".
La mort d'un homme jouée à la morra. - Pierre Marcheschi, âgé de vingt et un ans, de Serriera, actuellement soldat au 40è de ligne, et Paul Ceccaldi, âgé de vingt-cinq ans, d'Ota, cultivateur, comparaissaient hier devant la Cour d'assises de la Corse sous l'accusation de tentative d'assassinat et de complicité, contre un géomètre nommé Patacchini.
Tous deux en voulaient à celui-ci pour des raisons différentes. Ceccaldi avait dérobé une vache à Patacchini et avait été la vendre à Moncale; Marcheschi lui reprochait d'avoir eu des démêlés avec sa famille au sujet de la propriété d'une pièce de terre. Patacchini s'était mis à la recherche de sa vache et se trouvait alors dans l'arrondissement de Calvi.
Le 20 octobre 1894 ayant appris la veille qu'il devait rentrer à Serriera, Marcheschi et Ceccaldi, qui avaient décidé la mort du malheureux, se rendirent au col de Marsolino où, le lendemain, devait passer Patacchini. Dès le matin, ils se postèrent et avaient joué "à la morra" pour que le sort désignât celui qui tirerait le premier, l'autre devant aller se poster plus loin pour s'assurer de la victime, si le premier ne l'avait pas tuée. Marcheschi se posta au col même, Ceccaldi alla s'embusquer plus loin.
Le 21 octobre, vers huit heures du matin, Patacchini monté sur un mulet et accompagné de son domestique et d'un sieur Rossi, rencontré en route, franchissait le col, lorsque Marcheschi fit feu et la balle vint l'atteindre à la mâchoire. Malgré sa blessure, il rebroussa chemin et se dirigea vers Galeria, ce qui lui évita la rencontre de Ceccaldi.
Les deux accusés, étant donné le verdict affirmatif mitigé par les circonstances atténuantes, ont été condamnés par la Cour: Ceccaldi à douze ans de travaux forcés, et Marcheschi à dix ans de la même peine.
Parution du 26 octobre 1895 dans "Le Petit Marseillais".
On nous télégraphie d'Ajaccio, 25 octobre: Une tentative de meurtre a été commise au lieu dit Vaita, près du village de Porto, dans la commune d'Ota, par le sieur Toussaint Massoni, sur un nommé Jean Leca. La blessure de la victime est très grave. Le président du tribunal se trouvait précisément en transport dans ces parages, remplaçant le juge d'instruction empêché; il se rendit sur les lieux du crime pour procéder à une enquête.
De son côté, le juge de paix du canton de Piana s'était transporté à Vaita pour y faire les constatations. Il accompagna donc le président. Or, fut-ce l'émotion ou la fatigue qui activa une maladie cardiaque dont souffrait le juge de paix ? On l'ignore. Quoi qu'il en soit, au cours de cette descente de justice, ce magistrat, qui paraissait frais et dispos, fut pris soudain d'un malaise subit et, à la douloureuse stupéfaction des personnes présentes, il ne tarda pas à succomber à la rupture d'un anévrisme. L'enquête ne put se continuer et fut remise au lendemain.
Parution du 1er mars 1896 dans "La Petite Gironde".
On télégraphie d'Ajaccio au Temps; " A Vaita, commune d'Ota, à la suite d'une discussion, Dominique Leca, courrier d'Evisa à Ota, tua hier, à une heure du matin, d'un coup de pistolet, le nommé Gasparino Foraceppe, charretier à Evisa. Le meurtrier est en fuite."
Parution du 16 janvier 1898 dans "Le Petit Marseillais".
Paris, 15 janvier. Par arrêté, le ministre du commerce, de l'industrie, des postes et des télégraphes a autorisé la création de bureaux télégraphiques dans les communes de Corbières (Basses-Alpes), Ota (Corse), Fontaine (Isère).
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Parution du 10 février 1903 dans "L'Ouest-Eclair".
Un malheur s'est produit jeudi soir en rade de Toulon à bord du vapeur René, de Dunkerque, arrivant de Porto (Corse) avec un chargement de bois. Comme un marin de l'équipage, nommé Guigan, passait sur un panneau, celui-ci céda sous son poids; précipité dans la cale d'une hauteur d'environ 10 mètres, l'infortuné eut le crâne fracturé. On le conduisait aussitôt à terre, mais il rendit le dernier soupir avant d'arriver à l’hôpital.
Parution du 5 mars 1907 dans "La République Française".
Cannes. - L'autre nuit, le brick-goélette Jeune-Lucienne, du port St-Laurent-de-Salanque, jaugeant 65 tonnes, venait de Porto (Corse) avec un chargement de bois de construction pour Cette, lorsqu'en voulant reconnaître le golfe de Juan, s'est jeté contre l’ îlot de Tradelière, à l'est de l'île Sainte-Marguerite, et a échoué sur les récifs. L'équipage, qui se composait de six hommes y compris le capitaine, a été sauvé par un canot du bord, venu ce matin de Cannes. Le commandant Savidau, de l'Arbalète, les services de la marine, de l'inscription maritime, et l'équipage sont revenus sur les lieux, afin de procéder au sauvetage de la voilure et du matériel, mais le navire est considéré comme perdu.
Parution du 30 octobre 1907 dans "L'Univers".
Un violent orage sévit sur la corse entière où des pluies ont provoqué de nombreux éboulements. A Piedicorte, la foudre tomba sur un vieux moulin dans lequel s'étaient réfugiées trois femmes; la masure s'écroula et les pauvres femmes furent ensevelies sous les décombres. A Ota, un énorme rocher, jaugeant deux mille mètres cubes, s'est détaché du flanc de la montagne et a traversé le village, sans causer d'accident.
Parution du 4 décembre 1907 dans "Le Petit Provençal".
Ajaccio, 3 Décembre. Le brick-goélette "Joséphine", du port d'Ajaccio, capitaine armateur Filippini, parti d'Ajaccio avec cinq hommes d'équipage et 120 tonnes de marchandises pour Marseille, a rencontré à 4 heures du matin, dans le golfe de Porto une épave contre laquelle il buta. Une voie d'eau s'est immédiatement déclarée. Après six heures de travail, l'équipage dut, à dix heures, abandonner le navire qui sombra en cinq minutes. L'équipage sauvé est arrivé à Porto.
Parution du 18 mai 1908 dans "La Lanterne".
Ajaccio. - A Ota, à la suite d'une discussion provoquée par les dernières élections, le nommé Spinosi a tué d'un coup de pied au bas-ventre un nommé Ceccaldi.
Parution du 3 mars 1909 dans "La Lanterne".
Ajaccio. - le gendarme Gambarelli, de la brigade d'Ota, s'est suicidé en se tirant deux coups de revolver dans la tête.
Parution du 20 mars 1909 dans "Le Petit Marseillais".
On nous télégraphie de Marignana, 19 mars: Mercredi dernier, dans l'après-midi, deux jeunes gens de la commune d'Ota, deux amis intimes, les jeunes François Castellani et Martin Padovani, revenaient de Porto. Avant de rentrer dans le village, ils eurent la malencontreuse idée de s'amuser avec un fusil. François Castellani mania l'arme à feu d'une façon si maladroite que le coup partit et la balle atteignit Padovani Martin à la cuisse. Le blessé, dont l'état inspire de sérieuses inquiétudes, a été transporté chez lui à dos d'âne. Le docteur, accouru à la hâte, n'a pu extraire la balle. A Ota, nul ne songe à rendre Castellani responsable d'un malheureux accident que tout le monde déplore.
Parution du 5 juin 1909 dans "La Lanterne".
Ajaccio. - Le brigadier de gendarmerie Jean, d'Ota, a été grièvement blessé par le bandit Jean François Leca, sous mandat d'arrêt du parquet d'Ajaccio pour assassinat. Les gendarmes, en ripostant à l'attaque du bandit durent le blesser, car des traces sanglantes furent relevées sur un trajet de deux cent mètres. Le brigadier Jean a été atteint au sommet de l'épaule droite et a eu le poumon droit traversé par une balle. Le lieutenant de gendarmerie d'Evisa, à la tête de quatre brigades de gendarmerie, s'est mis à la recherche de Leca.
Parution du 10 juin 1909 dans "La Croix".
Comment on administre dans le maquis. Des Nouvelles: On s'entretenait hier à mots couverts à la Chambre d'un scandale administratif, ou plutôt d'une série de scandales qui ont été découverts en Corse.
A vrai dire l'affaire n'est pas nouvelle; elle occupe les journaux locaux depuis un mois, et l'on peut s'étonner que Paris ait été en cette circonstance si loin d'Ajaccio ou de Bastia.
Puisque les faits sont publiés là-bas, il n'y a pas raison pour vouloir les dissimuler ici, les personnes mises en cause n'auraient d'ailleurs rien à gagner au silence, il leur faut au contraire l'occasion de se disculper.
Les scandales dont il s'agit ont été découverts par les inspecteurs des finances chargés de vérifier les livres des comptables des deniers publics en Corse. Ainsi le premier atteint est M. Bonfanti, qui fut autrefois trésorier-payeur général à Ajaccio. Il manquerait, dit-on, à sa caisse, 250 000 francs. Le "trou" a donc pu être comblé, d'autant que M. Bonfanti aurait fait lui-même quelques autres versements.
Tripots et confiscation. Mais on reproche aussi à l'ancien trésorier-payeur général d'avoir "inspiré" à un de ses neveux, sous préfet de Corte, une petite combinaison qui vaut d'être racontée tout au long.
Il y a une dizaine d'années, la Corse avait deux communes rivales, Ota et Piana. Elles se firent un procès. Ota fut condamnée. Elle perdit une grande partie de ses terres communales et une somme de 12 000 francs.
Piana prit possession des terres, mais ne put toucher aux 12 000 francs, qui, par suite de nouvelles contestations, furent versés à la Caisse des dépôts et consignations. Piana, oublieuse, ne pensait plus à sa fortune, quand M. Bonfanti, moins oublieux, envoya vers elle son neveu, M. Paul Roux, sous-préfet de Corte. M. Paul Roux ne prit pas pour remplir cette mission sa serviette de chagrin gaufré, ni son bicorne à plume, il se présenta comme avocat (car il est avocat), mais sa fonction administrative était connue.
Me. Roux apprit au maire de Piana que la commune qu'il administrait était riche sans le savoir, et, en même temps, il lui offrit ses bons offices, en lui demandant une "honnête commission" de 40%. Ce qui fut accepté. Me Roux et M. Bonfanti, qui était aussi un maître en son genre, firent diligence; et la bonne petite ville de Piana, sans connaitre les lenteurs administratives, entra en possession de sa fortune moins les quatre mille et quelques cents francs que retint l'avocat.
Mais comme finalement la morale est toujours sauve, même en Corse, le sous-préfet restitua les fonds prélevés par l'avocat, lorsque des gens scrupuleux se scandalisèrent, il y a environ un mois. Cette histoire n'est pas finie... Mais d'autres commencent.
Les comptes fantastiques. L'inspecteur des finances ne se contentait pas de vérifier les caisses du trésorier d'Ajaccio, il eut aussi la curiosité d'examiner les comptes des autres agents du fisc dans l'île heureuse. Jamais, on peut le dire, il ne vit en si peu de temps choses plus extraordinaires. Sans préciser autrement, car en un seul jour, nous ne saurions tout révéler, bornons-nous à dire qu'à la suite des "erreurs de caisse" constatées, un percepteur fut révoqué et un receveur des finances déféré au Conseil de discipline.
Une grande famille. Mais revenons à l'histoire de M. Bonfanti et de M. Paul Roux. Nous avons déjà dit que le sous-préfet de Corte est le neveu de l'ancien trésorier-payeur d'Ajaccio; l'un et l'autre, il faut le dire étaient parents de feu Emmanuel Arène. Il n'entre dans la pensée de personne de solidariser tous les membres d'une même famille, et si nous rapprochons par la suite des noms, nous ne voulons point mettre sur le pied d'égalité ceux qui les portent. Mais, sous cette réserve, on est obligé de constater que tous les principaux fonctionnaires, en Corse, étaient des proches parents de l'ancien sénateur. La parenté d'un grand homme est un bienfait des dieux.
A Ajaccio: M. Bonfanti, beau-frère d'Emmanuel Arène, ancien trésorier-payeur général d'Ajaccio. M. Campi, beau-frère d'Emmanuel Arène, beau -père de M. Gabrielli, sénateur de la Corse, ancien percepteur à Ajaccio. Le Dr Ferrandi, neveu d'Emmanuel Arène, beau-frère de M. Pierangeli, député de Bastia, directeur de l'Assistance publique en Corse, aux appointements de 12 000 francs (appointements supérieurs à ceux du directeur de Marseille). Le "docteur" Giustiniani (officier de santé), beau-frère d'Emmanuel Arène, directeur du service de la santé aux appointements de 8 000 francs. Enfin M. Pontana, gendre du président, conseiller de préfecture.
A Corte: M. Paul Roux, dont nous avons déjà parlé, neveu d'Emmanuel Arène, sous-préfet.
A Bastia: M. Levic Ramolino, beau-frère d'Emmanuel Arène, beau-père de M. Pierangeli, premier président à la cour. Notons qu'à cette Cour de Bastia, parmi les conseillers se trouvent M. Gabrielli, frère du sénateur, et M. Gavini, qui a également le bonheur d'avoir un frère au Parlement.
Sénateur "indigent". Mais il ne faut envier ni M. Gavini, conseiller à la Cour, ni M. Gavini, sénateur de la Corse, ils sont, l'un, malgré ses appointements, et l'autre, malgré son indemnité... de pauvres indigents ! Ils ont, cependant, des propriétés; mais sans doute parce que "les terres ne rapportent plus", ils sont portés comme indigents. Ils ne touchent pas de secours, mais, par contre, ils ne payent pas d'impôts.
La Corse est un pays merveilleux: depuis Paoli et Napoléon, elle n'a jamais cessé de nous étonner.
Parution du 19 novembre 1909 dans "Le Petit Marseillais".
On nous télégraphie de Marignana (Corse), 18 novembre: Une catastrophe, prévue depuis longtemps, s'est produite à Ota, hier vers 9 heures du soir.
Par suite des pluies torrentielles qui tombent sans discontinuer depuis une semaine dans la région, un énorme quartier de roche a roulé sur la pente abrupte qui domine Ota et a démoli une maison qu'elle a heurtée dans sa course vertigineuse.
Le nommé Alfonsi Dominique, originaire de Casamaccioli et son fils Antoine-Marie ont été trouvés morts sous les décombres. La dame Alfonsi Dominique est gravement blessée. La maison démolie tient à d'autres qui menacent de s'écrouler, et si la bâtisse avait été heurtée un peu plus vers son centre, on aurait, assure-t-on, compté une quinzaine de victimes.
La population Otaise est en proie à une frayeur extrême, car, malgré la précaution intelligente prise par le docteur Fieschi, lors de son passage à la mairie, de couvrir de jeunes arbres toute la zone dangereuse d'autres quartiers de roche menacent de rouler. Rappelons que, il y a huit ans, encore en plein village, le bloc qui s'abattit sur la principale place affaissa la voûte d'un pont en rasant l'angle d'une des plus importantes constructions du bourg.
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Parution du 21 novembre 1909 dans "Le Siècle".
Ajaccio, 19 novembre. Les pluies diluviennes qui, depuis une semaine, ne cessent de tomber, ont provoqué une catastrophe à 82 kilomètres d'Ajaccio. Le village d'Ota bâti sur le flanc d'une montagne rocheuse appelée capo d'Ota, a été en partie détruit par un éboulement de rochers. Sous l'action de l'eau, une des énormes masses de pierre, qui surplombent le village, s'est détachée et a entraîné à sa suite une avalanche de gros cailloux et de terre, qui arriva sur le village avec une violence inouïe.
Quatre maisons ont été complètement démolies et plusieurs autres sont si sérieusement endommagées qu'il faudra les abattre. Les nommés Alfonsi Dominique, quarante-cinq ans, et son fils Antoine, sept ans, ont été tués et une quinzaine d'autres personnes grièvement blessées. Les plus gravement atteintes ont été transférées à l'hospice d'Ajaccio. Nombre de familles qui ont tout perdu, se trouvent actuellement sans abri. Des secours urgents ont été demandés.
Parution du 8 mai 1910 dans "L'Univers".
Les républicains de la commune d'Ota (Corse), attendant l'arrivée de M. Decori, candidat, tiraient des coups de feu, lorsqu'une balle égarée frappa le jeune Padovani, âgé de 18 ans, et se logea par l’œil dans la boîte crânienne. L'état du malheureux Padovani est désespéré.
Parution du 16 mars 1911 dans "Le Petit Provençal".
Les élections municipales d'Ota. Ajaccio, 15 mars. A la suite de l'invalidation du Conseil municipal d'Ota, pour fraudes, les électeurs de cette commune étaient convoqués dimanche pour élire leur Conseil municipal. La liste du docteur Fieschi, ancien maire, a été élue par 20 voix de majorité contre celle de M. Subrini, maire sortant..
Parution du 30 mars 1911 dans "Le Petit Provençal".
Un meurtre à Aix. Le nommé Leca François, âgé de 28 ans, né à Ota (Corse) garçon de salle au lycée, demeurant à Aix, rue du Puits-neuf, 19, comparait à l'audience du soir, sous l'inculpation de meurtre et port d'arme prohibée.
Pendant la soirée du 20 novembre 1910, vers 10 heures, l'accusé Leca entra en compagnie d'un de ses compatriotes Barochi, dans le bar Daumas sis à Aix, rue Vauvenargues. Là se trouvaient réunis un certain nombre de consommateurs parmi lesquels un groupe d'italiens composé de Bertin-Bartholoméo, de son frère et d'un autre individu. Ces trois consommateurs avaient au cours de la soirée, cherché a différentes reprises, querelle à des clients du bar, parce que l'un d'eux, en manière de plaisanterie, avait frotté sa main sur la figure de Bertin-Bartholoméo. Ce dernier qui avait conçu un très vif ressentiment de ce geste, avait été aperçu assisté de ses deux compagnons guettant, un revolver à la main, la sortie d'un consommateur nommé Reynier, auquel il déclarait vouloir faire un mauvais parti.
Le tenancier du bar, craignant qu'une rixe ne se produisit, invita les Italiens à quitter son établissement; ce qu'ils firent. Mais peu après l'accusé sortit à son tour du débit et, voyant les Italiens, s'approcha d'eux pour les inviter à s'expliquer sur leur attitude. L'accusé prétend que tous les trois se seraient précipités sur lui, sans mot dire et l'auraient frappé à coup de pieds et de poings; qu'alors affolé il aurait sorti son revolver pour effrayer ses agresseurs et qu'involontairement il aurait pressé la détente.
Les témoins de la scène n'indiquent pas que l'accusé ait été attaqué par les trois Italiens. Leca se constitua prisonnier le lendemain. Bertin Bartholoméo atteint d'une balle au coté droit du cou mourut douze jours après des suites de cette blessure. L'audition des témoins se déroule sans intérêt et n'apportent aucun fait précis à l'encontre de l'accusé.
M. le substitut Maret prononce son réquisitoire après que M. Chavernac, avec son éloquence habituelle, essaie d’atténuer les charges relevées contre son client qui n'a tiré le coup de revolver sur le groupe qu'en croyant sa vie en danger: il invoque la légitime défense et sollicite du jury un verdict d'acquittement.
Le jury se retire pour délibérer et rapporte un verdict négatif. En conséquence, leca est acquitté.
Parution du 29 septembre 1911 dans "Le Petit Provençal".
Discussion sanglante, Ota, 23 septembre. Les nommés Ceccaldi François-Antoine, 28 ans et Ceccaldi Martial, 27 ans, réputés comme sujets dangereux, habitant Ota, canton de Piana, ont à a suite d'une discussion assez futile, fait feu à plusieurs reprises sur les nommés Centrucci Charles, et Luciani André, âgés de 20 ans, Centrucci mortellement atteint dans la région pulmonaire, a expiré presque aussitôt. Lucciani est dans un état très grave. Le Parquet s'est rendu sur les lieux aux fins d'enquête. Les meurtriers sont en fuite. Cependant dans la nuit, la gendarmerie ayant dressé une embuscade, Ceccaldi Martial, a pu être arrêté.
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Parution du 13 octobre 1911 dans "Le Petit Provençal".
Trois bandits se constituent prisonniers. AJACCIO, 12 octobre. Le bandit Cesari Antoine dit "Ponteleccia", agé de 47 ans, inculpé d'homicide volontaire sur le nommé Leandri Philippe, de Granace, et qui gardait le maquis depuis deux ans: le bandit Ceccaldi François, d'Ota, qui, il y a quelques temps tua Contrucci Charles et blessa mortellement Luciani André, et le bandit Versini Joseph, de Marignana, âgé de 54 ans, qui tua son neveu dans un dîner de réconciliation, se sont constitués prisonniers.
Parution du 17 janvier 1912 dans "Le Petit Journal".
Deux maires de Corse, MM. Bartoli, de Serradiferro, et Mattei, d'Ota, viennent d'être suspendus pour irrégularités commises durant les dernières élections.
Parution du 24 octobre 1912 dans "Le Petit Provençal".
Rixe mortelle dans un bar. Ajaccio, 23 Octobre. Le nommé Ceccaldi Pierre, cultivateur à Ota, étant pris de boisson, pénétra dans la buvette tenue par le nommé Luciani Pierre. Une discussion futile eut lieu à la suite de laquelle Ceccaldi tira un coup de revolver sur Luciani, lequel, atteint mortellement, riposta cependant par cinq coups de revolver, atteignant Ceccaldi qui décéda dans la soirée.
Parution du 26 octobre 1912 dans "Le Journal de la ville de Saint-Quentain".
Ça est un malheur pour une fois, sais-tu ? Qu'on se rassure, la scène ne se passe ni en Belgique ni en Thiérache, mais en Corse, à Ota, propre patrie du député de Vervins. Il y a là-bas encore des Ceccaldi -- On pensait le nôtre unique. L'un d'eux nous laissera tranquilles maintenant si l'on en croit cette dépêche du "Matin": Le nommé Ceccaldi ayant tiré un coup de revolver sur Luciani, celui-ci, malgré une blessure mortelle, a eu la force de riposter et de décharger entièrement son arme sur son adversaire, qui fut tué net. Il suffit de s'appeler Ceccaldi pour avoir le sang chaud. A ce propos, notre confrère du "Républicain Vervinois" envoie à M. Ceccaldi, député, l'expression de ses sincères condoléances. En effet, en Corse on est tous cousins. . . . (dans un prochain article, je vous conterai l'histoire de ce "M. Ceccaldi" qui a fait beaucoup écrire.)
Source Bibliothèque Nationale de France.
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